Claude · 7 min
Le prompt qui transforme Claude en collaborateur senior
La plupart des gens parlent à Claude comme à Google. Résultat : des réponses génériques, des « Excellente question ! » à rallonge, des pavés de bullet points et trois questions de clarification avant même de commencer.
Ce qu’il y a dedans
- Le problème : Claude s'adapte à la façon dont tu lui parles
- Le prompt complet (copie-colle)
- Où le coller : deux options
- Ce que chaque bloc débloque
La plupart des gens parlent à Claude comme à Google. Résultat : des réponses génériques, des « Excellente question ! » à rallonge, des pavés de bullet points et trois questions de clarification avant même de commencer. Ce prompt règle ça en une fois. Tu le colles, et Claude répond direct, te dit quand tu te trompes, et sépare ce qui est un fait de ce qui est juste son interprétation.
Le problème : Claude s'adapte à la façon dont tu lui parles
Claude est un modèle qui te renvoie ce que tu lui donnes. Si ta demande est floue, il compense en te noyant sous du contexte « au cas où ». Si tu ne poses aucun cadre, il prend le ton par défaut : prudent, généraliste, un peu scolaire. C'est safe pour lui, inutile pour toi.
Concrètement, tu perds du temps sur trois trucs. Les intros creuses que tu scrolles à chaque réponse. Les mises en garde évidentes que tu connais déjà. Et les questions de clarification en rafale, alors que tu voulais juste qu'il fasse une hypothèse raisonnable et qu'il avance.
Le vrai problème n'est pas Claude. C'est qu'il n'a aucune idée de qui tu es ni de ton niveau. Un débutant et un expert reçoivent la même réponse moyenne. Ce prompt corrige ça : tu lui donnes ton contexte une fois, tu fixes les règles du jeu, et il calibre tout le reste dessus.
Le prompt complet (copie-colle)
Colle ce bloc tel quel. Tu remplaces juste les quatre lignes entre crochets par ton contexte à toi.
Instructions de collaboration IA
À lire une fois en début de session. Ces règles s'appliquent à toutes tes réponses jusqu'à indication contraire.
MON CONTEXTE (à personnaliser)
- Qui je suis : [ton métier / rôle]
- Mon niveau sur le sujet : [débutant / intermédiaire / expert]
- Ce sur quoi je travaille : [projet, objectif, domaine]
- Langue de réponse : français
COMMENT TU OPÈRES
Tu es un collaborateur de niveau senior, pas un assistant générique. Calibre ton langage, ta profondeur et tes hypothèses sur mon contexte ci-dessus. N'explique pas les bases sauf si je le demande. Passe les introductions, les formules creuses (« Excellente question ! ») et les mises en garde inutiles.
FORMAT DES RÉPONSES
- Commence par la réponse. Le contexte et le raisonnement viennent après, jamais avant.
- Privilégie la prose aux listes à puces, sauf si l'information est réellement une liste.
- Pas de langage évasif ni de remplissage. Va droit au but.
- Ajuste la longueur à la demande :
- Question factuelle courte : 1 à 3 phrases.
- Tâche créative ou stratégique : livrable complet, sans troncature.
- Tâche technique : d'abord un résultat qui fonctionne, l'explication ensuite si utile.
- Document long : titres avec parcimonie, uniquement là où la navigation aide vraiment.
COMPORTEMENT
- Réfléchis avant de répondre sur les tâches complexes. Ne montre ton raisonnement que si je le demande ou si la réponse n'est vraiment pas évidente.
- Si ma demande est ambiguë, formule une hypothèse raisonnable, énonce-la brièvement, et poursuis. Ne pose pas une rafale de questions de clarification.
- Si ma demande gagnerait à être reformulée, dis-le une fois, puis fais ce que j'ai demandé.
- Signale directement les vraies erreurs ou les risques. N'édulcore pas un avertissement au point de le rendre inutile.
- Si je me trompe, dis-le clairement. Ne valide jamais quelque chose d'incorrect pour éviter la friction. Puis exécute si je confirme.
- Distingue clairement : (a) fait établi, (b) opinion largement partagée, (c) ta propre inférence, (d) incertitude réelle. Si tu ne sais pas, dis-le. N'invente jamais un chiffre, une source ou une citation.
RENDUS (texte, code, structuré)
- Toujours prêt à copier-coller. Aucun espace réservé, sauf si je demande explicitement un modèle.
- Pour du code : d'abord la version qui tourne, l'explication après si nécessaire.
MÉMOIRE
Tu n'as pas de mémoire persistante entre les sessions. Si je fais référence à un travail antérieur, demande-moi de coller le contexte utile plutôt que de deviner.
Où le coller : deux options
Option 1, rapide : en début de session. Tu ouvres une conversation, tu colles le bloc en premier message, Claude te répond « compris » et tu enchaînes normalement. Les règles tiennent le temps de la conversation. Le jour où tu ouvres une nouvelle session, tu recolles. C'est le moyen le plus simple pour tester si ça te convient.
Option 2, permanente : dans les instructions de ton projet. Sur Claude (l'app web ou desktop), tu peux créer un Projet et lui donner des instructions personnalisées qui s'appliquent à toutes les conversations dans ce projet. Tu colles le prompt une fois dans « Instructions du projet », et chaque nouvelle conversation démarre déjà calibrée. Plus besoin de recoller. C'est là que le prompt prend toute sa valeur : tu crées un projet par domaine (un pour ton copywriting, un pour ta compta, un pour ta prospection) avec un contexte différent dans chaque.
La règle simple : tu testes en Option 1 pendant deux, trois jours, et une fois que le comportement te plaît, tu le figes en Option 2.
Ce que chaque bloc débloque
Le prompt n'est pas magique, chaque partie corrige un comportement précis. Voilà ce que tu gagnes, section par section.
« Collaborateur de niveau senior ». C'est la ligne qui fait le plus de travail. Elle dit à Claude d'arrêter d'expliquer ce que tu sais déjà. Si tu mets « expert » dans ton niveau, il ne va pas te réexpliquer ce qu'est une balise HTML ou une marge brute. Tu passes direct au fond.
« Commence par la réponse ». Par défaut, Claude construit son raisonnement d'abord et lâche la réponse à la fin. Tu inverses. Tu vois la conclusion en premier, et si tu veux le détail, il est juste en dessous. Sur des dizaines de questions par jour, c'est un temps fou récupéré.
« Privilégie la prose aux listes à puces ». Les bullet points, c'est confortable pour un modèle, ça évite de structurer une vraie pensée. En forçant la prose, tu obtiens des réponses qui raisonnent au lieu de balancer une liste de trucs déconnectés. Les listes reviennent seulement quand c'est vraiment une liste (des étapes, un inventaire).
« Si je me trompe, dis-le clairement ». Le comportement le plus sous-estimé. Un assistant qui te valide en permanence pour éviter la friction est dangereux dès que l'enjeu est réel (un contrat, un calcul de marge, une décision stratégique). Cette ligne autorise Claude à te contredire. Tu veux un collaborateur qui te dit « là tu te plantes », pas un miroir.
« Distingue fait, opinion, inférence, incertitude ». La ligne qui te protège des hallucinations. Tu forces Claude à étiqueter ce qu'il avance. Un fait établi n'a pas le même poids qu'une supposition de sa part. Quand tu prends une décision derrière, tu sais sur quoi tu t'appuies. Combinée à « n'invente jamais un chiffre ni une source », c'est ta meilleure défense contre le texte qui a l'air sûr de lui mais qui est faux.
Comment le personnaliser en 2 minutes
Le seul endroit à remplir, c'est le bloc « Mon contexte ». Et c'est là que 90 % des gens bâclent. Plus tu es précis, plus la réponse est taillée pour toi.
Un exemple concret pour un e-commerçant :
- Qui je suis : fondateur d'une boutique Shopify (compléments alimentaires), 3 personnes
- Mon niveau sur le sujet : intermédiaire en marketing, débutant en compta/finance
- Ce sur quoi je travaille : améliorer ma marge et lancer une gamme sur abonnement
- Langue de réponse : français
Avec ça, Claude sait qu'il peut parler ROAS et taux de conversion sans définir les termes, mais qu'il doit vulgariser dès qu'on touche à la trésorerie ou à la TVA. Note aussi que le niveau peut être différent selon le sujet, tu as le droit de mettre « intermédiaire en X, débutant en Y ». C'est même recommandé.
Dernier point : ce bloc n'est pas gravé dans le marbre. Le jour où tu changes de projet, tu réécris ces quatre lignes. C'est ce qui rend le prompt réutilisable à l'infini.
Mes 3 conseils
- Crée un projet par domaine, pas un seul projet fourre-tout. Le contexte « fondateur e-com » et le contexte « je gère ma compta perso » n'appellent pas les mêmes réponses. Un projet Claude par casquette, avec le prompt et un contexte différent dans chacun, et tu ne recolles plus jamais rien.
- La ligne « si je me trompe, dis-le » ne marche que si tu la respectes. La première fois que Claude te contredit, ne le recadre pas par réflexe. S'il a raison, remercie et corrige. Si tu le rembarres à chaque désaccord, il réapprend vite à te flatter, et tu perds tout l'intérêt du prompt.
- Ajuste après trois jours au lieu de tout régler d'un coup. Tu vas repérer un comportement qui te gêne (trop court, trop long, pas assez direct). Ajoute une seule ligne pour le corriger, teste, recommence. Un prompt qui te ressemble se construit par petites touches, pas en une soirée.
Les limites à garder en tête
- Ça ne remplace pas une demande claire. Le prompt calibre le ton et le format, il ne devine pas ce que tu veux. Une question vague reste une question vague. Tu gagnes en qualité de réponse, pas en dispense de réfléchir à ta question.
- « Pas de mémoire entre sessions » dépend de l'outil. En conversation simple, c'est vrai, Claude repart de zéro à chaque fois. Mais si tu utilises les Projets ou la mémoire de Claude, une partie du contexte peut persister. Adapte la dernière ligne du prompt à ton usage réel.
- Le « collaborateur senior » a ses angles morts. Lui dire d'agir en expert ne le rend pas infaillible. Il peut affirmer une inférence avec assurance. C'est exactement pour ça que la ligne sur les faits et les sources est là. Garde toujours un œil critique sur les chiffres et les affirmations qui engagent une décision.
- À adapter selon le modèle. Ce prompt est pensé pour Claude. Il fonctionne aussi ailleurs (ChatGPT, Gemini), mais chaque modèle réagit un peu différemment à certaines consignes. Si tu changes d'outil, teste et retouche.
Le mot de la fin
Un bon prompt système ne rend pas Claude plus intelligent, il l'empêche de gaspiller son intelligence sur du remplissage. Tu enlèves les intros, les flatteries et la prudence excessive, et ce qui reste, c'est un collaborateur qui va droit au but et qui te dit la vérité même quand elle ne t'arrange pas.
Colle-le ce soir dans un projet, remplis tes quatre lignes de contexte, et pose ta prochaine vraie question. Tu vas sentir la différence dès la première réponse.
